Le Tremplin 16-30


Stabiliser son quotidien pour mieux rebondir

2018-07-04

Depuis ses débuts en 2002, Le Tremplin 16-30 a multiplié ses actions afin de permettre à des jeunes de 16-30 ans de vivre dans un milieu de vie adapté à leurs besoins et leur permettant de développer leur autonomie. L’an dernier, l'organisme a accueilli 35 résidents différents et près de 250 jeunes y sont passés depuis les débuts.

«Des fois j’entends le mot fondateur pis je suis plus ou moins d’accord. Comment ça s’est construit Le Tremplin ? Des fonds venus d’Ottawa, IPAC (Initiative de Partenariats en Action Communautaire) et à partir de là les organismes qui travaillaient en itinérance (La Chaudronnée, le CLSC, Source Soleil, le Centre jeunesse) ont formé un comité pour décider quoi faire de cet argent et à quel besoin on voulait répondre. C’est là qu’il a été décidé qu’on voulait un milieu de vie sans consommation et des logements pour les 16-30 ans, pour les aider à développer leur autonomie. Ces partenaires-là c’est beaucoup eux les fondateurs.»

L'organisme est donc né d'une volonté du milieu.

Le Tremplin a été multi-facettes pendant de nombreuses années : le Café Zybaldone, les plateaux de travail, travail d'un jour, pré-retour, la salle de spectacle et le volet résidentiel (qui compte 23 logements subventionnés)... Aujourd'hui ne perdurent que les deux derniers volets «questions de ressources, pas de besoins», nous dit François Danis, «on était douze employés à l’époque, on est rendus 6». Le Tremplin a vécu des restructurations, mais François, comme son collègue Christian Richard, ont traversé le temps, dans un branle-bas quasi constant : «Ça déjà peut-être été tranquille trois jours de suite une fois depuis 15 ans, mais sinon ici il y a de l’action, ça n’arrête pas.»

La santé mentale : au coeur des préoccupations

Plusieurs des jeunes qui débarquent au Tremplin arrivent de l'hôpital, les problématiques de santé mentale étant monnaie courante chez les locataires. François Danis pense que la société actuelle doit être pointée du doigt : «Il y a perte de tissu social, perte de solidarité, perte de sens. C’est quoi le modèle que ces jeunes ont ? Qu’est-ce qu’on nous offre comme projet, faire de l’argent pour s’acheter des bébelles ? C’est clair qu’il y a une augmentation des problèmes de santé mentale chez les jeunes, les problématiques sont de plus en plus multiples.»
Les jeunes ne sont donc pas nécessairement en besoin d'accompagnement vers un retour au travail ou aux études, mais bien dans la stabilisation de leur quotidien : entretenir leur logement, faire l'épicerie, briser l'isolement. «Les jeunes qui viennent ici n’ont souvent pas de réseau social [...] notre job principale, c’est d’aider le jeune à se connaître, quand tu te connais bien tu peux avoir un projet». Et ce projet peut être autant de terminer son secondaire que de faire son épicerie ou de s'inscrire à la bibliothèque...

De multiples façons d'intervenir

«On utilise surtout l’approche axée sur les forces. Ça vise à mettre le jeune en contact avec ses forces, ses compétences, ses intérêts, ses aptitudes». Mais avant même de réfléchir à ces considérations, les jeunes doivent régler une tonne de choses : la carte d’assurance-santé, l’aide sociale, les dettes... Alors, le Tremplin leur offre un coup de main avec ces obligations, mais sans jamais oublier le plaisir... «Ça m’arrive de partir avec un jeune marcher sur le bord de la rivière, pour qu’il voit la beauté».
Grâce à sa salle de spectacle, le Tremplin peut aussi utiliser la culture comme moyen d’intervention. Les arts font d'ailleurs partie d'une des quatre sphères que l'organisme à identifier pour aider les jeunes à développer leur autonomie (ainsi que le contact avec la nature, l'activité physique et la mixité sociale). «On essaie que les résidents du Tremplin soient en contact avec toutes sortes de gens. Quand on a une conférence de Gabriel Nadeau-Dubois, de Richard Desjardins ou de Greenpeace, ça amène une mixité sociale. »

En quoi la société y gagne?

«Ne serait-ce qu’au niveau de la compassion et de l’amour, vaut mieux aider qu’être indifférent». Et s'il faut parler en frais d'économie, il est évident qu'un jeune coûte moins cher s'il est au Tremplin qu'à l'hôpital ou en prison car, malheureusement, sans des ressources comme le Tremplin, certains de ces jeunes se retrouveraient judiciarisés, le crime étant souvent plus facile d'accès que le chèque d'aide sociale...
Alors quoi souhaiter au Tremplin 16-30 pour l'avenir? «On aimerait avoir une place à la campagne où amener les jeunes». Question de faire cohabiter l'intervention et le plaisir dans un espace bucolique!

Pour plus d'informations : http://www.tremplin16-30.com/


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