Table régionale de concertation des aînés de l'Estrie


Travailler pour son avenir... et le nôtre!

2018-09-19

L’Année internationale des aînés en 1999 a amené la création de la Commission des aînés qui est devenue avec le temps la Table régionale de concertation des aînés de l'Estrie. Fanie Lebrun y est arrivée en mai 2017 et son début a été pour le moins intense : «ça faisait trois jours que j'étais en poste que déjà je drivais une rencontre avec les députés donc j'ai vraiment rentré dans le bain!». Cette ancienne du Forum Jeunesse de la CRÉ a ainsi plongé dans son nouveau défi avec aplomb et un fort bagage acquis auprès de la jeunesse : «Avec les jeunes, ça fourmille d’idées, il y a une énergie que je retrouve aussi avec les aînés. Il y a plein de liens à faire».  Et ces liens, elle les crée, jour après jour...

Le rôle de la Table «c’est d’être une voix représentative et crédible de la diversité des aînés de la région» et elle le fait à travers un c.a. de 17 membres qui sont des délégués des tables de concertation d’aînés des différentes MRC et des représentants d’organismes dédiés aux aînés, le tout, dans une belle fourchette d’âges : il peut y avoir un directeur général d’un organisme voué aux aînés qui est dans la quarantaine comme un délégué d'une TCA (Table de concertation des aînés) de 86 ans. La table est donc représentative de la diversité des aînés et elle arrive, dans ce contexte, à prendre des décisions concertées.

Représenter la voix des aînés... Oui mais comment?

Le premier canal d'information est le bulletin d'information publié aux deux mois : on y trouve, entre autres, une variété d’informations pour et par les organismes du milieu. De plus, la Table a un cahier d’information et de sensibilisation à l’habitation pour informer les aînés sur les ressources. Tous les ans, elle décerne également un prix hommage pour la reconnaissance de la contribution des aînés dans la communauté.

La Table a aussi déposé un document sur le maintien à domicile : «si ça prend un village pour élever un enfant, ça prend toute une communauté pour aider un aîné». Ainsi, pour s’assurer  d'une part, que les services de proximité restent et, d'autre part, que le système de santé tienne compte les besoins des aînés de rester chez eux, la Table a mené un an et demi de démarches, de réflexion, de consultations du milieu et de représentations politiques. Puis, un état de situation et des recommandations ont été déposés, dans un document, auprès des ministres Barrette et Charbonneau. Ce dernier «a été reçu et accueilli et on l’a partagé à travers le Québec et d’autres régions ont repris le flambeau». Bref, une action estrienne qui a eu un rayonnement important.

La Table a aussi publié en novembre dernier un guide de ressources pour les proches-aidants. Plusieurs aînés sont proches aidants sans même le savoir : ils accompagnent un proche à ses rendez-vous, l’aident avec ses médicaments, son ménage, ses soins d’hygiène. Mais cela vient avec un certain poids, d'où l'idée de créer un guide pour les aider à trouver ce dont ils ont besoin.

Enjeux multiples

Si le maintien à domicile est un enjeu identifié par la Table, il y en a bien d'autres sur lesquels elle travaille, notamment, la participation citoyenne des aînés. «On a mis sur pied le projet Concertation Plus dans le but de favoriser la participation sociale et citoyenne des aînés. On va beaucoup travailler en collaboration avec les TCA. Mon rôle ce n'est pas de faire des projets concertés avec les tables, c’est d’outiller les gens autour de la table pour qu’ils puissent retourner dans leur communauté et développer les projets dont ils ont envie». Un exemple de projet? Un «kit» pour outiller les tables et les citoyens en lien avec les élections municipales; l’idée étant toujours de sortir les aînés des réseaux, de «créer un lieu pour qu'ils puissent d'exprimer» parce que «ça n'existe pas partout malheureusement».

L’habitation est un autre enjeu. La population d’aînés est appelée à grandir, il faut développer des projets qui répondent à ses besoins : actuellement, il y a de plus en plus d'aînés dans un monde de moins en moins adapté pour eux. Des solutions en habitation permettraient par ailleurs d’arrêter de vider les municipalités que les aînés quittent au profit des résidences dans les villes centres. Et «on peut pas juste offrir une habitation, il faut qu'il y ait des services et une vie de communauté».

L'avenir!

Le mythe de l’aîné fatigué, réservé, qu’on n’entend pas beaucoup, Fanie n'y croit pas : «je suis en contact avec des gens qui ont la même énergie que moi, le même dynamisme, la même acuité intellectuelle».  Ils sont donc une énergie et une richesse : «d’expériences de vie, de traces de notre histoire [...] Quand je parle de mon travail je dis à la blague que je travaille pour mon avenir. C’est moi qui vais récolter le mieux-être qu’on va avoir préparé». Nous aussi Fanie, nous aussi!


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